Un petit coup de gueule et une prise de position aujourd'hui.

Je n'avais que quelques années quand on commença à parler de construire un grand aéroport juste à côté de chez moi. Dans ma campagne adorée, belle, vallonnée, lieu de mes aventures d'enfant.
Quand je partais de chez moi sur mon vélo, il y avait une belle descente, une très grand côte et j'arrivais sur un plateau. C'était là le lieu retenu pour construire le "fameux" aéroport de Notre-Dame des Landes.
Ça me choquais à l'époque : on allait raser toutes ces landes, ces arbres, ces maisons où des gens habitaient (des gens que je connaissais), ces prairies où paissaient les vaches, et ces champs cultivés pour y installer un aéroport qui dénaturerait cette belle campagne. Je ne comprenais pas.

Quarante ans plus tard (ouais quand même...), j'ai bien compris qu'il ne s'agit qu'une histoire de fric, que libérer l'espace occupé par l'actuel aéroport permettrait de récupérer beaucoup de terrain pour étendre l'agglomération de Nantes vers le sud-ouest. Et que dans ces conditions, la nature, on s'en fout.

On dit que l'aéroport de Nantes-Atlantique est saturé. Mouais... Ce n'est pas la seule vérité... Suffit de lire la presse qui veut bien se donner du mal pour creuser le problème, ou de chercher.

Avion, 10 août 2014

(Atterrissage, vu du pont des Trois Continents, 10 août 1994)

 

Dans mon ciel, depuis de nombreuses années que j'ai quitté la campagne, il y a des avions qui passent toutes les deux ou trois minutes aux heures de pointe, dans leur couloir aérien, à 300 mètres de chez moi.
De ma chambre, je les vois se rapprocher de la Terre et j'aime. J'aime leur bruit, j'aime leur grâce, j'aime cette présence qui signe le lieu depuis si longtemps.
Dehors, je peux les voir décoller et j'aime leur puissance, la courbe de leur ascension, et les voir devenir un petit point si rapidement.

La pollution ? Mais une ville c'est pollué !
Le bruit ? Les gens supportent bien la circulation sans broncher.
Le danger ? Combien d'avions se sont écrasés sur Nantes, Rezé, Bouguenais déjà ?
La prétendue saturation de l'actuel aéroport ? Des solutions ont été proposées. Mais on s'en fout.

Comment peut-on imaginer aller polluer des terres (nourricières) alors que la ville (en général) est déjà si polluée ? Comme si il n'y avait que la ZAD qui puisse être affectée par les dépôts de kérozène (et je ne parle pas de la biodiversité du site). Comme si des kilomètres carrés alentours n'allaient pas être impactés.

Depuis mon enfance, je dis non à l'aéroport. Et tous les arguments des pro-aéroport de NDDL n'y ont rien changé.
Je dis toujours non, NON A L'AEROPORT !!!

Et en plus, très égoïstement, je dis : je veux garder mes avions !